Retrait-gonflement des argiles : pourquoi tous les sols ne réagissent pas de la même façon
- christophe leroy
- 30 juil.
- 4 min de lecture

Une maison qui se fissure sans choc apparent, des portes qui coincent l'été et se referment l'hiver, un carrelage qui se soulève par endroits : dans les Hauts-de-France, ces désordres portent souvent un nom, le retrait-gonflement des argiles (RGA). Mais tous les terrains ne sont pas égaux face à ce phénomène, et comprendre la nature de votre sol est la première étape pour anticiper — ou expliquer — des fissures sur votre bien.
Qu'est-ce que le retrait-gonflement des argiles ?
Le RGA est un mouvement de terrain différentiel lié à l'alternance de sécheresse et de réhydratation des sols argileux. En période sèche, l'argile perd son eau et se rétracte, provoquant un tassement du sol sous les fondations. À l'inverse, en période humide, elle regonfle en absorbant l'eau. Ce mouvement de va-et-vient, quand il n'est pas uniforme sous toute la construction, génère des contraintes que les fondations encaissent mal — d'où les fissures caractéristiques en escalier, souvent visibles aux angles des ouvertures.
Ce phénomène est aujourd'hui l'une des principales causes de sinistres indemnisés au titre des catastrophes naturelles en France, avec une fréquence en nette hausse depuis les sécheresses successives de ces dernières années.
Tous les sols ne se comportent pas de la même manière
Le comportement d'un terrain face à l'eau dépend directement de sa composition géologique :
Les sols argileux sont les plus sensibles au RGA. Plus l'argile est présente en proportion importante et plus elle est dite "gonflante" (argiles smectitiques par exemple), plus l'amplitude des mouvements est forte.
Les sols limoneux réagissent également à l'humidité, mais de façon généralement moins marquée que les argiles pures ; ils peuvent toutefois se tasser en cas de saturation en eau.
Les sols sableux et graveleux sont peu sensibles au retrait-gonflement : l'eau y circule librement sans provoquer de variation de volume significative. Ils présentent en revanche d'autres risques, comme le tassement différentiel en cas de mauvaise portance.
Les sols calcaires sont globalement stables vis-à-vis du RGA, mais peuvent poser d'autres problématiques (cavités, dissolution karstique) selon les secteurs.
Les remblais hétérogènes, fréquents sur d'anciennes friches ou terrains remaniés, cumulent souvent plusieurs risques et nécessitent une attention particulière.
Un même département, une même commune, peut ainsi présenter des parcelles à comportements très différents selon la nature exacte du sous-sol. C'est pourquoi une étude de sol reste la seule façon fiable de connaître la réalité d'un terrain précis, au-delà des tendances générales.
Une cartographie nationale qui vient d'être actualisée
Le zonage réglementaire du risque RGA, initialement fixé en 2020, a été révisé par un arrêté du 9 janvier 2026, qui met à jour la carte définissant les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel lié à la sécheresse et à la réhydratation des sols argileux. Cette mise à jour, portée par le BRGM, avait pour objectif d'intégrer les effets du changement climatique ainsi que la forte sinistralité observée ces dernières années, notamment après la sécheresse de 2022.
Concrètement, les zones classées en exposition moyenne ou forte couvrent désormais environ 55 % du territoire métropolitain, contre 48 % avec la cartographie précédente. Cette nouvelle carte s'applique aux promesses de vente et actes authentiques portant sur des terrains non bâtis constructibles, ainsi qu'aux contrats de construction de maison individuelle conclus à partir du 1er juillet 2026.
Sur le plan pratique, le classement du terrain conditionne les obligations réglementaires : selon la zone concernée, une étude géotechnique préalable (étude de sol de type G1 ou G2) peut être exigée avant toute construction ou vente d'un terrain constructible, avec des prescriptions de fondations adaptées en zone d'exposition forte.
Comment reconnaître les signes d'un sinistre lié au RGA ?
Certains indices doivent alerter, en particulier après un été sec :
Fissures obliques ou en escalier sur les murs porteurs, souvent aux angles des baies
Décollement entre une extension et le bâtiment principal
Portes et fenêtres qui se voilent ou coincent de façon saisonnière
Fissuration des dallages, terrasses ou clôtures maçonnées
Affaissement localisé visible depuis l'extérieur du bâtiment
Ces désordres évoluent souvent de façon saisonnière : ils peuvent s'ouvrir en été et se refermer partiellement en hiver, ce qui constitue un indice supplémentaire d'un mouvement lié à l'argile plutôt qu'à un défaut de construction classique.
Pourquoi faire appel à un expert indépendant ?
Face à ces désordres, la tentation est parfois de se fier uniquement à l'avis de l'expert mandaté par votre assurance. Mais cet expert défend d'abord les intérêts de la compagnie. Un expert indépendant en pathologie du bâtiment intervient pour :
Déterminer avec précision l'origine des fissures (RGA, tassement, malfaçon, défaut structurel)
Évaluer l'ampleur réelle des désordres et leur évolution probable
Vous accompagner dans une démarche de reconnaissance de catastrophe naturelle
Contester, si nécessaire, les conclusions d'un expert d'assurance ou d'un expert judiciaire
Vous conseiller sur les travaux de confortement adaptés à la nature exacte de votre sol
Avec 32 ans d'expérience terrain en tant qu'artisan électricien-chauffagiste et constructeur de maisons individuelles, HDF Expertises apporte un regard technique concret sur ces situations, en complément d'une expertise certifiée OFIB.
En résumé
Le retrait-gonflement des argiles n'est pas une fatalité identique partout : la nature de votre sol détermine largement votre exposition au risque, et la nouvelle cartographie 2026 rebat les cartes pour de nombreuses communes des Hauts-de-France. Si vous constatez des fissures inquiétantes sur votre bien, ou si vous vous interrogez sur la nature de votre terrain avant un projet de construction ou d'achat, un diagnostic par un expert indépendant reste la meilleure façon d'y voir clair.
Vous constatez des fissures sur votre maison ou vous vous interrogez sur la nature de votre sol ? Contactez Christophe Leroy, expert indépendant en pathologie du bâtiment, pour un diagnostic impartial partout dans les Hauts-de-France.




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